Changer de prestataire web : ce que vous devez récupérer

Changer de prestataire web : ce que vous devez récupérer

29 septembre 2026 par 

Matthieu Guegan

Vous voulez changer de prestataire web, mais vous ignorez ce qui vous appartient vraiment. Nom de domaine, hébergement, textes, photos, adresses e-mail : tout semble rattaché au prestataire actuel. Et tant que la question reste floue, partir paraît risqué.

Pourtant, rien ne vous oblige à partir à l’aveugle. Mais un départ peut bloquer sur un détail que personne n’avait noté. Par exemple un accès jamais transmis, un nom de domaine au nom du prestataire ou une boîte mail hébergée sur son serveur. Chacun de ces points se règle, à condition de s’en occuper avant d’annoncer quoi que ce soit.

Cet article liste ce qu’il faut réclamer, puis l’ordre dans lequel le faire. Vous n’avez besoin d’aucune compétence technique pour le suivre, seulement de quelques demandes écrites. Il vaut surtout pour un site WordPress ou codé à la main. Si votre site tourne sur Wix ou Squarespace, la question se pose autrement, car la plateforme fixe elle-même ce que vous pouvez emporter.

Avant de changer de prestataire web, vérifiez le titulaire du nom de domaine

Le nom de domaine appartient à la personne inscrite comme titulaire, pas à celle qui paie son renouvellement. Si votre prestataire l’a réservé à son propre nom, il en reste le titulaire, même si vous réglez la facture chaque année.

D’abord, pour le vérifier, consultez le Whois, l’annuaire public des noms de domaine. L’Afnic en propose un pour les adresses en .fr, et votre bureau d’enregistrement pour les autres extensions. Le bureau d’enregistrement désigne la société auprès de laquelle vous, ou votre prestataire, avez réservé le nom : par exemple OVHcloud, Gandi ou Hostinger. Si les coordonnées apparaissent masquées, demandez une capture de l’espace client où figure le titulaire.

Si vous êtes bien titulaire, le transfert passe par un code d’autorisation, appelé auth-info. D’après le <a href= »https://www.afnic.fr/wp-media/uploads/2024/07/Afnic-Guide-pratique-du-Titulaire.pdf » target= »_blank » rel= »noopener »>guide pratique du titulaire publié par l’Afnic</a>, votre bureau d’enregistrement actuel doit vous communiquer ce code. Vous le transmettez ensuite au nouveau bureau, qui lance le transfert.

En revanche, si le titulaire n’est pas vous, tout se complique. Il faut alors obtenir du prestataire un changement de titulaire, qu’il doit accepter. Réglez donc ce point à l’amiable, tant que la relation reste cordiale. Une fois le nom de domaine à votre nom, vous pourrez refaire votre site avec un nouveau prestataire ou confier la maintenance à quelqu’un d’autre, sans dépendre de l’ancien.

Les accès à récupérer : hébergement, site et messagerie

Trois accès comptent : l’espace client de l’hébergeur, l’administration du site et la gestion de vos adresses e-mail. Car sans eux, vous devrez repasser par l’ancien prestataire pour chaque modification.

L’hébergeur stocke les fichiers et la base de données du site. Si le contrat d’hébergement figure au nom du prestataire, demandez soit le transfert du compte, soit une sauvegarde complète. Cette sauvegarde comprend alors les fichiers, la base de données et un export du contenu.

Côté site, réclamez un compte administrateur à votre nom, et non un compte éditeur. Sur WordPress, seul le rôle administrateur permet d’installer une extension, de créer des utilisateurs ou d’exporter le contenu. Vérifiez aussi les licences payantes, notamment celles du thème, des extensions et des polices. Elles figurent parfois sur le compte du prestataire, et leurs mises à jour s’arrêtent quand il cesse de les renouveler.

La messagerie mérite une attention à part. Vos adresses e-mail dépendent de la zone DNS du domaine, c’est-à-dire la table de réglages qui indique où trouver le site et où livrer le courrier. Si le prestataire gère cette zone, ou si vos boîtes tournent sur son hébergement, une coupure mal préparée arrête aussi vos e-mails. Avant de changer de prestataire web, demandez donc la liste des enregistrements DNS actuels.

Et si le prestataire vous a toujours refusé ces accès, le problème dépasse sans doute la simple organisation. Relisez à ce sujet les signes d’un prestataire qui vous a mal conseillé.

Textes, visuels et outils Google : ce qui vous appartient vraiment

Pour changer de prestataire web sereinement, faites aussi le point sur les contenus. Les textes que vous avez écrits vous appartiennent. En revanche, pour la maquette, les illustrations ou les photos créées par le prestataire, la réponse dépend du contrat.

En droit français, l’auteur d’une création garde ses droits tant qu’il ne les a pas cédés. Le Code de la propriété intellectuelle exige aussi que l’acte de cession mentionne chaque droit cédé et en délimite l’étendue, la destination, le lieu et la durée. Relisez donc votre devis et vos conditions générales à la recherche d’une clause de cession de droits. En son absence, demandez-la par écrit avant de partir. Même prudence pour les photos issues de banques d’images : la licence peut ne couvrir que le compte qui l’a achetée.

Vos outils Google suivent une autre logique. Search Console (l’outil gratuit de Google qui montre comment votre site apparaît dans les résultats), Google Analytics et votre fiche d’établissement fonctionnent par rôles. Demandez à y figurer comme propriétaire, ou comme administrateur dans Google Analytics, et pas seulement comme simple utilisateur. Un propriétaire peut notamment ajouter ou retirer les autres accès. Un utilisateur, lui, dépend de la personne qui l’a invité.

Pourquoi insister ? Parce que ces outils ne se récupèrent pas tous de la même façon. D’un côté, Search Console se retrouve en validant à nouveau votre domaine. Google Analytics, en revanche, reste attaché au compte qui l’a créé : si ce compte appartient au prestataire, l’historique de fréquentation part avec lui. Quant à la fiche d’établissement, la récupérer sans l’accord de son propriétaire actuel passe par une demande auprès de Google.

Dans quel ordre changer de prestataire web sans rien casser

Changer de prestataire web se prépare comme un déménagement : on remplit les cartons avant de rendre les clés. L’ordre compte autant que la liste.

  1. Vérifiez qui détient le nom de domaine et chez quel bureau d’enregistrement il se trouve.
  2. Obtenez un compte administrateur sur le site, puis une sauvegarde complète des fichiers et de la base de données.
  3. Faites-vous ajouter comme propriétaire sur Search Console, Google Analytics et la fiche d’établissement.
  4. Demandez la liste des enregistrements DNS et l’emplacement exact de vos boîtes mail.
  5. Retrouvez dans le contrat la clause de cession de droits et la durée du préavis.
  6. Annoncez enfin votre départ, et résiliez l’hébergement une fois le nouveau site en ligne ailleurs.

Pourquoi résilier en dernier ? Parce que cette étape protège votre référencement. Si l’ancien hébergement coupe avant que le nouveau site prenne le relais, visiteurs et moteurs tombent sur une page d’erreur. De plus, si les adresses des pages changent, un plan de redirections permet de conserver vos positions Google.

Et si le prestataire ne répond pas ? Alors gardez une trace écrite de chaque demande, par e-mail. Pour le nom de domaine, le bureau d’enregistrement devient votre interlocuteur direct dès lors que vous en êtes titulaire. Pour le reste, une relance écrite qui rappelle la clause du contrat suffit parfois à débloquer la situation.

Avant d’annoncer votre départ

Changer de prestataire web ne demande aucune compétence technique. Cela demande surtout de l’ordre, et quelques demandes écrites envoyées au bon moment.

D’abord le nom de domaine, parce que le site et les e-mails passent par lui. Ensuite, réclamez les accès et vérifiez la clause de cession. Mais tant qu’un de ces points reste en suspens, gardez l’ancien contrat actif.

Et si vous hésitez encore entre partir et faire corriger l’existant, commencez par un diagnostic du site actuel. Le résultat change parfois la décision, parce qu’un site qui ne rapporte rien ne se répare pas toujours en changeant simplement de mains.

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Questions fréquentes

Mon prestataire peut-il refuser de me donner le code auth-info ?

Pas si vous êtes titulaire du nom de domaine, car le code vous revient. Pour un nom en .fr, les règles de l’Afnic imposent au bureau d’enregistrement de vous communiquer ce code. Si le prestataire gère le compte à votre place, adressez-vous directement au bureau d’enregistrement.

À qui appartient mon site si le contrat ne dit rien ?

Vos textes restent à vous, puisque vous les avez écrits. Pour la maquette, le code et les visuels créés par le prestataire, l’absence de clause de cession laisse la question ouverte. Demandez donc une cession écrite avant de partir, tant que la relation le permet.

Peut-on changer de prestataire web sans perdre son référencement ?

Oui, si vous gardez le même nom de domaine et que le site ne coupe pas pendant la bascule. Si les adresses des pages changent, il faut aussi une redirection de chaque ancienne adresse vers la nouvelle.

Faut-il annoncer son départ avant de récupérer les accès ?

Non. Rien ne vous oblige à justifier une demande d’accès à votre propre site. Récupérez d’abord les accès, puis annoncez votre départ en respectant le préavis prévu au contrat.

Auteur : Matthieu Guegan

Je conçois des sites et des apps qui servent le business. Fondateur de Hellomaker, j’allie design, dev et méthode pour livrer vite, propre, et mesurable.